Une feuille de route nationale pour rendre l’activité physique plus accessible

La Stratégie nationale Sport-Santé (SNSS) 2025-2030 organise l’action publique pour faire de l’activité physique un levier de prévention, de bien-être et de soin. Elle s’adresse à toute la population, avec une attention renforcée pour les personnes les plus éloignées de la pratique : jeunes, femmes, actifs, personnes avançant en âge et patients vivant avec une maladie chronique.
Une feuille de route nationale pour rendre l’activité physique plus accessible
Depuis 2019, la SNSS est le cadre national de référence pour développer le sport-santé en France. Sa nouvelle période, de 2025 à 2030, ne se limite pas à la pratique d’un sport. Elle englobe l’activité physique du quotidien, la lutte contre les comportements sédentaires, la prévention de la perte d’autonomie et le recours à l’activité physique adaptée à des fins thérapeutiques.
Son principe repose sur une approche systémique. L’objectif n’est pas seulement d’encourager chaque personne à bouger davantage, mais aussi de rendre les environnements de vie plus favorables : école, université, travail, espaces publics, structures de soins et territoires. Cette orientation vise à réduire les inégalités sociales et territoriales de santé, qui influencent l’accès à une pratique régulière, sûre et adaptée.
Sport-santé, activité physique et sédentarité : trois notions à distinguer
L’activité physique désigne tous les mouvements produits par les muscles et qui augmentent la dépense énergétique : marche, vélo, déplacements, tâches quotidiennes, loisirs actifs ou pratique sportive. Le sport-santé correspond à l’utilisation de ces pratiques au service de la santé, de la prévention et de la qualité de vie. La sédentarité désigne le temps passé assis ou allongé, hors sommeil. Elle peut rester élevée chez une personne qui pratique une activité sportive ponctuelle.
Cette distinction compte, car une séance de sport ne compense pas toujours une journée entière passée immobile. Les longues périodes assises réduisent les occasions de changer de posture, de se déplacer et d’entretenir l’équilibre, l’endurance ou la mobilité. Agir sur la santé suppose donc de multiplier les occasions de bouger, plutôt que de réserver toute l’activité à un seul créneau hebdomadaire.
Pourquoi les jeunes, les femmes et les publics fragiles sont au cœur de la stratégie
La stratégie répond à un niveau d’activité physique insuffisant dans plusieurs groupes de population. Chez les adolescents de 11 à 17 ans, 79 % ne suivent pas les recommandations d’activité physique. Les écarts entre les sexes sont également marqués : 33 % des filles de 6 à 17 ans atteignent les recommandations, contre 51 % des garçons. Chez les adultes, 30 % des hommes et 40 % des femmes restent en dessous des niveaux recommandés.
Prévenir tôt les inégalités de santé
Les enfants et les jeunes sont une cible majeure, car les habitudes de déplacement, de loisirs et de temps d’écran se construisent dès l’enfance. La situation sociale joue aussi un rôle : les enfants d’ouvriers ont deux fois plus de risques d’être en surpoids et quatre fois plus de risques d’être en situation d’obésité que les enfants de cadres supérieurs.
La réponse ne peut donc pas être uniforme. Elle doit faciliter une pratique réellement accessible, notamment dans les milieux et les territoires où les freins financiers, matériels, culturels ou liés à la mobilité sont les plus présents. L’approche retenue cherche ainsi à proposer un accès général, tout en adaptant les réponses aux besoins des populations.
Accompagner tous les moments de la vie
Les actifs sont concernés par la place de l’activité physique dans le monde professionnel et par la réduction du temps passé assis. Les personnes avançant en âge sont visées pour prévenir la perte d’autonomie, maintenir leurs capacités fonctionnelles et préserver le lien social. Pour les patients atteints de maladies chroniques, l’activité physique adaptée peut répondre à des objectifs thérapeutiques définis selon l’état de santé et les capacités de chacun.
Les femmes constituent un public prioritaire transversal. La stratégie tient compte des freins qui peuvent limiter leur pratique : sentiment de légitimité, horaires, sécurité des parcours, charge familiale, accès aux équipements ou offre disponible localement. Elles ne sont pas isolées dans un dispositif distinct, mais prises en compte dans les différents milieux de vie.
Les 5 objectifs qui structurent la Stratégie nationale Sport-Santé
La SNSS 2025-2030 s’appuie sur cinq objectifs complémentaires. Ils relient la prévention pour tous, les actions par âge et les besoins liés à la santé ou à l’autonomie.
| Objectif | Publics et milieux principalement concernés | Finalité de santé publique |
|---|---|---|
| Créer les conditions d’une pratique accessible à tous | Toute la population, les territoires et les lieux de vie | Réduire les freins d’accès et les inégalités de pratique |
| Augmenter l’activité physique des jeunes | École et université | Installer des habitudes actives dès l’enfance |
| Développer l’activité physique dans le monde professionnel | Actifs et organisations de travail | Limiter la sédentarité et soutenir la santé au travail |
| Prévenir la perte d’autonomie | Personnes avançant en âge | Préserver la mobilité, l’équilibre et l’indépendance |
| Renforcer l’activité physique à finalité thérapeutique | Patients atteints de maladies chroniques | Intégrer une pratique adaptée aux parcours de santé |
La santé mentale traverse ces cinq axes. Bouger régulièrement peut contribuer au mieux-être psychologique, au maintien du lien social et à une meilleure perception de ses capacités. Cette orientation s’inscrit dans une période où la santé mentale a été désignée Grande Cause Nationale en 2025.
12 actions : comprendre la différence entre socle transversal et réponses ciblées
La feuille de route se décline en 12 actions prioritaires : 4 actions transversales et 8 actions ciblées. Cette répartition permet de comprendre son fonctionnement. Les actions transversales créent les conditions générales d’une pratique plus accessible. Elles concernent les environnements, l’information, la mobilisation des acteurs et la réduction des obstacles rencontrés par les publics.
Les huit actions ciblées répondent à des besoins liés à l’âge, à l’état de santé ou au milieu de vie. Elles portent notamment sur les jeunes dans les cadres scolaire et universitaire, les actifs, les personnes avançant en âge et les patients pour lesquels l’activité physique peut avoir une finalité thérapeutique. La stratégie associe donc des réponses universelles à des adaptations selon les besoins, selon le principe d’universalisme proportionné.
Ce que cette organisation change concrètement
Pour une collectivité, une école, une entreprise ou un acteur de santé, la stratégie invite à ne pas traiter le sport-santé comme une animation isolée. Il s’agit de penser un parcours : des occasions de bouger au quotidien, une offre adaptée aux capacités des personnes, des relais vers les professionnels compétents lorsque cela est nécessaire et une attention particulière aux publics qui renoncent le plus souvent à pratiquer.
La SNSS prévoit aussi des indicateurs spécifiques pour les publics prioritaires. Ils doivent permettre d’apprécier le volume global de pratique, mais aussi l’évolution des écarts entre les populations et les territoires. Cette distinction est nécessaire pour vérifier que l’accès à l’activité physique progresse au-delà d’une moyenne nationale.
Quelle place pour l’activité physique adaptée et les politiques de nutrition ?
L’activité physique adaptée, ou APA, ne correspond pas à une activité moins exigeante. Elle désigne une pratique ajustée aux aptitudes, aux limitations et aux objectifs de santé d’une personne. Dans un cadre thérapeutique, elle peut concerner des patients atteints de maladies chroniques et s’inscrire dans une prise en charge qui tient compte de leur situation individuelle.
La stratégie ne remplace pas un avis médical ni l’accompagnement des professionnels compétents. Elle fixe un cadre de santé publique qui reconnaît l’activité physique comme une composante possible de la prévention et des parcours de soins. L’enjeu est d’éviter une injonction générale à bouger et de privilégier une pratique progressive, sécurisée et adaptée.
La SNSS est le volet consacré à l’activité physique du Programme national nutrition santé, le PNNS 5. Ce programme s’inscrit lui-même dans la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat, la SNANC. Cette articulation rappelle que la santé ne dépend pas d’un seul comportement. Activité physique, alimentation, sommeil, environnement social et accès aux ressources sont liés.
Où trouver le document de référence et l’utiliser utilement
La stratégie complète et sa synthèse PDF sont publiées dans les espaces documentaires du ministère des Sports et du ministère de la Santé. Pour une lecture rapide, la synthèse permet d’identifier les cinq objectifs, les douze actions et les publics visés. Le document intégral convient davantage aux collectivités, établissements, associations, employeurs et professionnels qui souhaitent inscrire une action locale dans le cadre national.
Pour les particuliers, le message central est simple : la stratégie concerne la marche quotidienne, les déplacements actifs, la pratique sportive encadrée et l’activité physique adaptée. Pour les acteurs de terrain, elle fournit une direction commune jusqu’en 2030, année également marquée par les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver dans les Alpes françaises.